Convergences

Je lisais récemment, sur Amazon, les premières pages d’un livre qui m’a été recommandé par un ami. Il s’agissait de Case Red : The Collapse of France de Robert Forczyk, une analyse de l’effondrement de l’armée française en 1940. Parlant du rôle du général Gamelin il dit :

“Gamelin was fairly effective at building up and organising an army, but ineffective at leading it in a successful campaign.”

Or, quelques jours plus tôt, je lisais dans le premier livre des Histoires de Polybe (1.74) cette remarque sur Hannon (l’un des deux généraux carthaginois pendant la révolte des mercenaires, l’autre étant Hamilcar Barca) :

“Hannon s’entendait bien aux préparatifs d’une armée, car sa personnalité l’y portait naturellement ; mais la mener en campagne était une autre affaire…”

Hannon en campagne, imaginé par Druillet

Ainsi, le jugement de Forczyk sur Gamelin reproduit exactement celui de Polybe sur Hannon. Il est très possible que Forczyk n’ait jamais lu Polybe, d’autant plus que ce type de jugement n’a rien d’extraordinaire. Mais c’est un bel exemple de convergence dans la façon de penser et même de s’exprimer qui me frappe souvent chez les grands auteurs Grecs. C’est, entre autres choses, cette proximité qui m’intéresse.

Note : Tous ceux qui ont lu Salammbô connaissent Hannon : c’est un “gros dégueulasse”, rival d’Hamilcar, qui souvent gâte les affaires de Carthage et à propos duquel Flaubert a donné libre cours à son imagination.

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